Towards a global vision and partnership on the Sustainable Land and Climate Risk Management

World Day to Combat Desertification

Message de M. Luc Gnacadja

Secrétaire Exécutif

Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification

Excellence Monsieur le Ministre d’Etat Ministre de l’Environnement et de la Protection de la Nature

Monsieur Dennis Garity, Directeur du World Agroforestry Center

Monsieur Amadou Ouattara, Représentant de la FAO

Mesdames et Messieurs,

Hier a pris fin la « première semaine africaine des terres arides » avec un message simple mais nouveau : les terres arides sont des terres à très fort potentiels pour le développement et la croissance durables de leurs populations et des nations.

Aujourd’hui 17 Juin, nous commémorons la journée mondiale de la lutte contre la désertification et je voudrais ici porter ce message urbi et orbi, à cette belle ville de Dakar et au Monde.

Nous devons aussi traduire cette réalité en termes économiques en ce concerne le coût de l’inaction par rapport au coût et bénéfices de l’action afin de convaincre les argentiers de ce monde que les terres arides ne doivent plus être des déserts d’investissements.

2011 Année internationale des forêts est aussi la deuxième année de la Décennie des Nations unies sur les déserts et la lutte contre la désertification.

Les discussions et les visites de terrain de cette 1ere semaine africaine des terres arides ont été plus explicites que n’importe quel discours pour montrer qu’il est possible de relever les défis de la désertification, de la dégradation des terres et de la sècheresse. Les terres sèches font face à de nombreuses menaces, mais elles offrent également nombre d’opportunités quant à la prévention de la désertification et la réhabilitation des terres dégradées.

Leurs forêts font partie de ces opportunités et cela est probablement encore plus vrai qu’ailleurs tant leur rôle de support à la vie y est crucial. Il n’est pas exagéré de dire que sans les forêts, les arbres ou buissons, la vie serait impossible dans les zones arides.

42% des forêts tropicales et subtropicales de la planète sont des forêts sèches. Elles maintiennent les modes de vie des populations, contribuent à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration de la sécurité alimentaire, ce qui bénéficie tout particulièrement aux plus pauvres et aux groupes les plus vulnérables parmi ceux affectés par la désertification comme les femmes et les enfants. Pourtant, elles sont rarement prises en considération dans les schémas d’investissement forestier existant. Leur valeur est sous-estimée.

Les forêts sèches servent de zone tampon lors de chocs climatiques et sont des barrières naturelles contre la désertification. Dès lors, il est impératif d’investir pour préserver ces forêts : elles maintiennent la vie dans les terres arides.

Les zones sèches de la planète sont importantes, non seulement du fait de leur surface, mais également pour leur contribution à notre sécurité alimentaire commune. 44% des systèmes agricoles mondiaux et 50% du cheptel mondial sont situés dans les zones sèches. La sécurité alimentaire et la pauvreté seront les défis permanents pour les décennies à venir. Par conséquent, lutter contre la désertification et la dégradation des terres n’est pas qu’un impératif local, mais aussi un impératif global, la sécurité alimentaire du monde entier en dépend.

Selon un rapport paru cette année sur les opportunités mondiales de restauration des paysages forestiers, les 2/5 des terres déboisées, soit 600 millions d’hectares, et les 2/3 des terres dégradées, soit 900 millions d’hectares, pourraient être restaurées. La plupart de ces surfaces sont dans les régions semi-arides et subhumides sèches. L’agroforesterie est une technique prometteuse à la fois en termes de restauration des terres mais aussi en termes de production alimentaire pour les pauvres. L’agroforesterie est notamment le principal déterminant du reverdissement du Sahel, observé en Afrique de l’Ouest sur près de 5 millions d’hectares.

La dégradation des terres au cours des 25 prochaines années pourrait contribuer à réduire de 12% la production alimentaire mondiale, cette proportion sera plus importante dans les zones sèches. Cela induira une augmentation des cours mondiaux des denrées alimentaires de l’ordre de 30%. La disponibilité de terres pour la production agricole est donc essentielle pour garantir la production alimentaire et les prix à moyen et long termes. Il est urgent d’investir pour sécuriser la ressource de base de la sécurité alimentaire et pour améliorer la productivité des petits agriculteurs, en particulier en Afrique.

Les ressources financières telles que celles mobilisées dans le cadre des fonds alloués à la lutte contre le réchauffement climatique, comme celles de la déforestation et de la dégradation évitées ou REDD+ ou encore le fonds vert, devraient être utilisés à ces fins car les populations des zones sèches sont déjà les plus affectées par le réchauffement de la planète.

Nous devons améliorer la productivité des sols et faire notre possible pour réhabiliter les terres dégradées. Nous devons avoir pour ambition d’atteindre dans un proche avenir un taux net de dégradation qui soit nulle, non seulement parce que nous aurions su prévenir la désertification mais aussi parce nous aurions systématiquement compensé les dégradations intervenues en réhabilitant des surfaces au moins équivalentes.

Avec la volonté politique au niveau national, et la coopération au niveau international, ce changement de paradigme est réalisable, les actes de la première semaine africaine des terres arides le démontrent. Mais rien ne sera possible sans investir dans la prévention et l’inversion du phénomène de dégradation des forêts et des arbres dans les zones sèches. Puissions-nous ne jamais oublier que les forêts maintiennent la vie dans les zones sèches.

Je voudrais féliciter tous les artisans de cette première Semaine africaine des terres arides pour le travail accompli et remercier mes collègues de la FAO pour leur rôle moteur. Vu l’engagement et la motivation des participants, je reste convaincu que les expériences partagées et conclusions tirées seront bientôt reflétées au niveau pertinent à travers l’Afrique et aussi dans le monde.

Avec enthousiasme, le secrétariat que j’ai le privilège de diriger continuera sa mission de plaidoyer et d’appui institutionnel, d’appui pour le partage des connaissances, le suivi et l’évaluation ainsi que l’accompagnement d’initiatives comme celle de la grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel.

Je souhaite enfin exprimer toute ma reconnaissance au gouvernement du Sénégal pour avoir organisé la présente commémoration, ainsi qu’à toutes les institutions et personnes qui ont travaillé dur pour que cette semaine et cet évènement soient des réussites. Voilà un témoignage du pouvoir de la coopération.

Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente et mémorable Journée mondiale de lutte contre la désertification 2011

Je vous remercie pour votre attention.

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