Towards a global vision and partnership on the Sustainable Land and Climate Risk Management

Monsieur le Ministre de l’Environnement et de la Protection de la Nature,

Monsieur le Représentant du Secrétariat l’UNCCD,

Madame la Représentante du Secrétariat de l’UNCBD,

Madame la Déléguée Wallonie-Bruxelles International,

Monsieur le Représentant du Earth Institute,

Monsieur le Représentant de la FAO

Mesdames Messieurs

Si le changement climatique affecte le monde entier, il faut s’attendre à ce que les pays les moins avancés et d’autres pays vulnérables en développement soient les premiers et les plus durement touchés. L’Afrique sera particulièrement touchée en termes de sécurité alimentaire, d’approvisionnement durable en eau et de phénomènes météorologiques extrêmes tels qu’inondations, sécheresses et risques de désertification.

Le partenariat Afrique-UE sur le changement climatique est entré dans la 2e phase depuis  l’adoption du deuxième plan d’action (2011-2013) à Tripoli fin novembre 2010. Le partenariat fournira une plate-forme de dialogue, de coopération et d’échange ayant pour but l’élaboration de mesures concrètes permettant de lutter contre le changement climatique. Il sera étroitement lié à l’Alliance mondiale contre le changement climatique et au programme ClimDev Afrique et constituera un cadre intégré pour la coopération Afrique-UE sur le changement climatique.

Le premier plan d’action (2008-2010) adopté par l’Union Européenne et l’Union Africaine en décembre 2007 mettait l’accent sur deux axes prioritaires liés mais chacun possédant ses propres objectifs spécifiques. Il s’agissait d’identifier et de mettre en œuvre des actions dans le cadre d’un programme commun sur les politiques à mener à l’égard du changement climatiques. En ce qui concerne la coopération dans le domaine de la désertification, les parties étaient convenues de coopérer pour faire face à la dégradation des terres et l’aridité croissante en incluant l’Initiative de la Grande Muraille Verte pour le Sahara et le Sahel.

L’initiative de la grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel (GMVSS) est unique en son genre : engagée et menée par l’Afrique, elle vise spécifiquement les écosystèmes arides du Sahara et du Sahel. Elle vise également à être le catalyseur du “développement durable et de la réduction de la pauvreté dans les régions désertiques limitrophes du Sahara” (UA / CEN-SAD, 2009) dont la pluviométrie annuelle est de 100-400mm.

L’initiative GMVSS contribue également aux objectifs de l’Alliance Mondiale contre le Changement Climatique (AMCC) que la Commission Européenne a lancée en 2007. Cette alliance veut approfondir le dialogue politique entre l’UE et les pays en développement les plus vulnérables au changement climatique et renforcer la coopération avec ces pays surtout dans le domaine de l’adaptation.

A travers différentes études de faisabilité nous savons que le concept de la GMVSS a évolué et l’initiative qui, à l’origine, était axée sur la plantation d’arbres au sens strict s’est transformée en une approche qui vise l’adoption de pratiques de gestion durable des terres. Cette approche est plus bénéfique pour les utilisateurs locaux de cette ressource (agriculteurs, agropasteurs et pasteurs itinérants).

Les conclusions de l’étude de préfaisabilité menée conjointement par la CUA et la CE,  proposent entre autres que la Grande Muraille Verte pour le Sahara et le Sahel soit au cœur des actions catalysant les efforts qui seront faits pour surmonter les obstacles à l’intégration des pratiques de gestion durable des terres (GDT) au niveau national dans les pays participant à l’initiative.

Premièrement pour ce faire elle devrait viser à améliorer le cadre juridique et politique de réglementation suivant une approche intersectorielle et en œuvrant en synergie avec les programmes existants dans le domaine de la GDT lorsqu’ils sont appliqués dans les pays, avec l’appui notamment de NEPAD, TerrAfrica, FAO, LADA, MM SolArid et d’autres partenariats régionaux ou internationaux,

Deuxièmement, l’initiative de la grande muraille verte peut contribuer aux plans stratégiques élaborés à l’échelle du continent comme le Programme global de développement de l’agriculture africaine (CAADP) et le Plan sur l’environnement du NEPAD, déjà appuyés par l’UE, et peut canaliser des investissements dans les pays circum-sahariens de façon intégrée pour que son action bénéficie aux populations rurales par le biais des administrations locales décentralisées.

Troisièmement elle est une initiative à long terme – Il ne faut pas penser sa mise en œuvre en termes de délais, comme liée par le temps, mais plutôt comme un catalyseur. Elle est un agent de changement pour améliorer les conditions de vie des populations de ces zones arides. Pour ce faire, la mise en œuvre devrait être principalement axée sur des actions visant à promouvoir la gestion durable des terres et la transformation d’écosystèmes dégradés en agro-écosystèmes sains.

Quatrièmement le plan d’action de la GMVSS adopté lors des derniers Sommets de la CEN-SAD et de l’UA, la GMVSS comprend un certain nombre d’objectifs et d’activités clairement définis. Toutefois, les leçons apprises des expériences antérieures doivent être mieux prises en compte dans le cadre des plans d’action qui seront élaborés par les pays. La connaissance et les compétences locales doivent être des éléments essentiels de la GMVSS.

Les solutions et les réponses universelles et rapides à la dégradation des terres et à l’aridité, et avec la possibilité d’être menées à travers toute la région,  ne semblent pas exister, mais les meilleures pratiques qui ont faits leurs preuves dans une situation donnée peuvent très bien servir de modèle dans d’autres contextes ou pays. Souvent les questions du régime foncier jouent aussi un rôle critique à cet égard.

Prenons comme exemple certaines réussites avec la régénération naturelle de la végétation sur des terres  agricoles et l’adoption très répandue des terrasses simples pour la conservation du sol et de l’eau, notamment dans la zone du Sahel du Niger et du Burkina Faso.

Ces réussites peuvent être utilisées afin de relever les défis futurs soulevés par le changement climatique. Il est donc nécessaire pour toutes les parties concernées impliquées dans la GMVSS de comprendre non seulement ce qui a échoué dans les interventions passées mais également d’identifier et de capitaliser les réussites.

Même s’il reste des questions à clarifier ou à approfondir quant à la faisabilité des différents scenarios institutionnels et des options de financements proposés, je pense que les stratégies  proposées par l’étude de faisabilité sur la GMVSS sont pertinentes.

Pendant cette semaine des zones arides, bien qu’il s’agisse surtout d’examiner la pertinence des approches préconisées, il est utile de prendre en compte les possibilités de financement qui, en plus des ressources annoncés par le Secrétariat du GEF, pourraient être mobilisées au niveau Européen, comme par exemple dans le cadre du programme intra-ACP du 10ème FED, qui comprend un budget pour sa composante en appui à la lutte contre la désertification.

Il s’agira dans un premier temps de bien mettre en route et mener à bon terme les actions prévues par les 2 projets d’appui à la GMV pilotés par la FAO en collaboration étroite avec la Commission de l’Union Africaine et les organisations régionales et avec le soutien financier de l’Union Européenne. Dans respectivement 5 et 8 pays, ces projets ont pour objectif notamment de contribuer à l’élaboration participative des plans d’actions de mise en œuvre au niveau des pays et des programmes transfrontaliers regroupant plusieurs pays.

l’UE pourrait aussi contribuer à la mise en œuvre de la GMVSS à travers certains autres instruments selon les cas, des Stratégies de coopération et programmes indicatifs par pays et régionaux, conjointement gérés par les Délégations et les autorités des pays et organisations régionales mandatés à cet effet, ainsi que dans le cadre d’appels à propositions lancés par les services de la Commission. Je pense également que des appuis pourraient être envisagés en faisant le lien avec les activités mises en œuvre dans le cadre des programmes de développement rural (infrastructure, assainissement, disponibilité et accessibilité de l’eau, sécurité alimentaire).

En vous souhaitant beaucoup de succès au cours de différentes sessions, je vous remercie pour votre aimable attention.

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