Towards a global vision and partnership on the Sustainable Land and Climate Risk Management

Allocution de Monsieur Luc Gnacadja

Secrétaire Exécutif de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification

Dakar, Sénégal, 13 Juin 2011

(Lue par Monsieur Boubacar Cisse, responsable de l’unité de coordination régionale de UNCCD pour l’Afrique a Tunis)

Excellence Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre de l’Environnement et de la Protection de la Nature,

Monsieur le Secrétaire exécutif de l’Agence panafricaine de la grande muraille verte,

Madame la représentante de la région Wallonie-Bruxelle,

Monsieur le représentant du Directeur de Earth Institute,

Monsieur le représentant de la FAO,

Monsieur le Directeur Général d’ ICRAF

Mesdames, Messieurs les représentants des organisations sous-régionales, internationales, et non gouvernementales

Mesdames, Messieurs, chers participants à la première semaine africaine des terres arides,

« C’est pour moi un devoir, mais surtout un réel plaisir, de participer, avec ma délégation, à cet important événement, organisé pour la première fois en Afrique. Je voudrais tout d’abord exprimer ma reconnaissance aux autorités sénégalaises pour avoir accepté d’abriter un tel événement combien important pour le continent. Je voudrais, en particulier, vous exprimer ma gratitude, Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre de l’Environnement et de la Protection de la Nature, pour les traitements empreints de chaleur hospitalière et de cordialité, auxquels nous sommes habitués, à chaque fois que nous avons l’occasion de visiter votre beau pays, et cette belle ville africaine de Dakar.

 Je voudrais, également, exprimer toute ma satisfaction aux institutions partenaires dont la collaboration efficace a permis de tenir le rendez-vous d’aujourd’hui.

 Excellence Monsieur le Ministre d’Etat

Mesdames, Messieurs,

Les terres arides en Afrique représentent  comme vous le savez certainement, 43% de la superficie terrestre du continent et abritent 40% de sa population. Les terres arides, à l’échelle mondiale c’est également le lieu d’où nous viennent  une grande partie  de nos besoins alimentaires.  Mais, les terres arides ce sont  également des écosystèmes fragiles et des conditions climatiques souvent extrêmes qui représentent des défis constants à relever dans le quotidien des populations ainsi que leurs gouvernants.

Les terres arides africaines, en particulier, ont offert, ces dernières décennies, des spectacles des plus émouvants et des plus désolants. On se souviendra des sécheresses des années 70 et 80 dans la zone Sahélienne et la corne de l’Afrique, qui ont soulevé pas mal d’émotion de la part de la communauté internationale. Les images des populations exténuées par la faim et la malnutrition ainsi que des carcasses d’animaux répandues sur de grandes surfaces, dans ces sous régions, restent encore certainement vivaces dans nos esprits. Malheureusement, les famines extrêmes survenues dans des pays comme le Niger au cours des cinq dernières années viennent encore, comme pour rappeler à la communauté internationale que les régions arides ont besoin d’un système de veille permanente, devant permettre d’anticiper des actions appropriées afin de prévenir que l’humanité ne soit plus jamais confrontée à de telles situations de désolation, en ce 21ème siècle.

Mesdames, Messieurs,

Les zones arides africaines, ce sont aussi des lieux, où depuis des siècles des hommes et des femmes vivent, des civilisations se développent, des activités économiques se mènent, y compris des actions de sauvegarde des ressources naturelles renouvelables. L’histoire nous enseigne, en effet, que des courants commerciaux séculaires ont toujours eu lieu dans l’espace Sahélo-Saharien, que cet espace a été le lieu de nombreux mouvements et brassages de populations et de cultures, soit par le style de vie nomade de certaines tribus, ou par les activités de production nécessitant des mouvements pour la recherche de ressources stratégiques, en particulier autour, ou le long de cours d’eaux régionaux tels que le Nil, le Fleuve Niger, ou le Lac Tchad.

D’autre part, les données récentes relatives aux signes de reverdissement du Sahel, et je profite, là, pour saluer la présence d’éminents experts,  nous rassurent que les conditions environnementales dans les zones arides peuvent être améliorées, par des changements de pratiques d’exploitation des ressources naturelles, des changements de perception que les populations vivant de ces ressources pourraient avoir vis-à-vis d’elles.

Les zones arides sont par conséquents des endroits dignes d’intérêt pour des investissements économiques durables et rentables. Les leçons à tirer de ces signes d’espoir sont, également et sans nul doute, que les populations doivent être au centre des actions de gestion de leurs ressources naturelles, donc des partenaires incontournables pour la durabilité et pour le retour positif des investissements consentis.

 Cet espoir, et même cette certitude, que les tendances à la désertification ne sont pas irréversibles, et que des millions de personnes habitent les terres arides et y développent des activités économiques, ont été autant de raisons qui ont conduit à l’élaboration et à l’adoption par 194 Parties, de la convention des nations unies sur la lutte contre la désertification. Vous êtes tous (pays ou institutions) parties prenantes et acteurs de cette convention, je n’ai donc pas besoin de vous expliquer qu’elle est typiquement une convention de développement durable des zones arides, encore moins vous dire l’accent particulier qu’elle accorde à la région Afrique. Je ne manquerais pas, cependant, dans ce contexte particulier, à quatre jours de la célébration de la journée mondiale de lutte contre la désertification et à un an du troisième rendez-vous planétaire du développement durable depuis 1992, de rappeler que les défis qui avaient été à l’origine de cette convention, à Rio, sont toujours d’actualité, ou, s’expriment encore avec plus d’acuité et sous différentes formes. En effet depuis Rio en 1992, l’état des connaissances s’est amélioré. C’est ainsi qu’aujourd’hui plus que lors du Sommet de Rio de 1992, il est établi que la question de la sécurité alimentaire en Afrique et dans le monde, les questions des migrations pour des causes environnementales, la question de la pauvreté, en particulier en milieu rural africain, et les questions environnementales connexes telles que la protection de la biodiversité et l’adaptation au changement climatique , ainsi que son atténuation, sont autant de défis qui se posent à l’Afrique et au monde. Ces défis peuvent trouver des éléments de réponses dans le potentiel des terres dès lors que celles-ci sont exploitées de manière durable et en respect du rythme de renouvellement de la ressource.

 Je me félicite de savoir, au vu du programme d’activités de cette semaine, que des questions clefs seront abordées par les experts ici présents, lesquels aideront certainement à faire le point, dans le contexte particulier de l’Afrique, sur les défis et les enjeux dans les régions arides africaines. Nous espérons sortir d’ici avec des recommandations  pour une action majeure,  concertée et plus efficace en faveur de ces zones.

Je nourris  l’espoir d’une remobilisation effective des acteurs pour faire avancer encore davantage la mise en œuvre de la convention des nations unies sur la lutte contre la désertification en Afrique et dans l’ensemble des pays affectés.

 Je souhaite plein succès à nos travaux, et vous remercie de votre aimable attention. » Fin de citation

 Signé Luc Gnacadja, Secrétaire Exécutif de la convention des nations unies sur la lutte contre la désertification

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